Une Bastide d’origine anglaise

[Dernière modification le 4 août 2025 @ 11 h 18 min]
Résidence La Petite Bastide Sauveterre De Guyenne

Bastide d’origine anglaise, fondée en 1281 par Édouard Ier

D’après une étude De M. Guinut

Cette cité de l’Entre-deux-Mers présente un plan géométrique et une place carrée, bordée d’arcades, pour le moins caractéristique. Sauveterre de Guyenne est une véritable bastide au passé prestigieux et qui se souvient qu’elle fut anglo-gasconne…..

La Préhistoire

L’histoire de Sauveterre-de-Guyenne et du pays environnant se perd dans la nuit des temps. De nombreux travaux ont mis en évidence la présence humaine dès l’époque du paléolithique supérieur, entre trente-cinq mille et neuf mille ans avant Jésus-Christ.

Au cours du néolithique, le peuplement n’a cessé de se poursuivre : dolmens et mégalithes (pierres dressées), allées couvertes en témoignent. La vallée de l’Engrane et Blasimon présentent des échantillons remarquables de cette civilisation.

Les Gaulois, le Haut Moyen Age

Les Celtes découvrent et occupent le pays dés VIIe siècle avant Jésus-Christ. Par mélange avec les populations autochtones ibères, ils formeront le peuple gaulois. L’étape suivante est la conquête Romaine.

Un établissement fut fondé à Roussillon, à un Kilomètre au Nord de Sauveterre actuel ou des vestiges de villa gallo-romaine ont été découverts. Le passage des Vendales et des Suèves au Ve siècle engendra une dévastation totale.

Ce fut ensuite l’arrivée de Wisigoths en 412, des Arabes trois cents ans plus tard, des Normands. Vers 850, ceux-ci dévastèrent Squirs (La Réole), les moines bénédictins se refugièrent dans un prieuré de Notre-Dame du Salut ou de la Sauvetat.

A la même époque, se construisait le premier château, certainement à l’emplacement du château d’eau actuel. Le petit village, entre le château et l’abbaye, s’appelait alors Athala et l’église existait en 1100. Au début du XIIIe siècle, une terrible famine s’abat sur le pays.

La création

C’est en 1281 que commence la véritable histoire du Sauveterre moderne : le Roi Edouard 1er d’Angleterre décide de bâtir une ville, colonie du peuplement protégée par les pillards.

Cette bastide, en souvenir du prieuré de la Sauvetat, deviendra Saubeterre puis Sauveterre. Deux ans de procédure seront nécessaires pour que la construction commence.

Elle sera rapide et bien menée. La ville est tracée selon le plan gallo-romain : place centrale, rues perpendiculaires et ruelles transversales toujours à l’équerre.

La construction des maisons incombe aux particuliers, la façade principale doit être terminée la première année, celle sur la ruelle l’année suivante.

Les portes sont à la charge de la Couronne, les remparts seront édifiés plus tard, non par le roi, mais par la municipalité. Seules, les portes sont encore debout, la porte Saubotte qui ouvrait vers la ville de Bordeaux domine la ville de ses dix-sept mètres.

Porte La Font Sauveterre De Guyenne

La guerre de cent ans

Les décennies qui suivent sont marquées par une grande instabilité : onze fois Sauveterre a changé de main entre Anglais et Français. Les péripéties sont innombrables et ont inspiré le dicton : « Saubeterre/bille de guerre/ lou qui n’a pas passat/n’est pas un boun sourdat ! ». En 1451, Sauveterre devient définitivement Française et en 1453 la guerre de cent ans s’achève à la bataille de Castillon.

Les privilèges acquis sous le règne d’Edouard 1er sont confirmés par Charles VIII, puis par François 1er. Près de mille ans après « la pax romana » vient la « paix française ». Les Sauveterriens vivent assez bien jusqu’à la Réforme.

La Réforme

Les idées de Luther et de Calvin vont rapidement se répandre en Aquitaine et à Sauveterre les protestants vont se multiplier. Le 23 septembre 1553, le parlement de Bordeaux condamne un habitant de Sauveterre pour hérésie, il sera pendu et sa maison brûlée. Blaise de Montluc vient pendre quinze huguenots, la ville se rebelle à nouveau, entraînant pillages, saccages, exécutions.

Après le massacre de la St-Barthélémy, les violences se font plus fréquentes et dures : destruction d’une partie de l’église St-Léger, de l’abbaye de Blasimon. Les reformés se retranchent au couvent de Sallebruneau, les forces royales viennent les déloger et le parlement de Bordeaux décide la démolition du château-couvent.

L’édit de Nantes rétablit la liberté de culte et le calme renaît dans la région. Considérée comme un verrou contre les huguenots, Sauveterre verra tous ses privilèges acquis confirmés par Louis XIII en 1617. Suit une période de calme ponctuée par des famines et des épidémies, mais la cité s’est un peu endormie après des siècles de violences.

La Révolution et l’Empire

Le 5 Mars 1789, une réunion de notables rédige un cahier de doléances pour adresser aux Etat Généraux les souhaits et revendications des Sauveterriens. Au mois de juillet, est créée une milice bourgeoise qui deviendra garde nationale. En 1790, départ de deux conscrits, la famine devient le principal problème de l’actualité.

En 1793, la situation est très difficile, la mairie est envahie, les archives brûlées, des émeutes opposent habitants et forces de l’ordre. Le climat de haine et de dénonciations semble s’atténuer les années suivantes. Vingt-six jeunes gens seront levés par la conscription au cours de l’an VII, une vingtaine pendants l’an VIII.

Des artisans, charpentiers, menuisiers et autres métiers utiles a la marine seront réquisitionnés au cours de l’an XI. En 1813, les jeunes de plus de treize ans seront appelés sous les drapeaux.

Le XIXe siècle

Sauveterre qui avait bien accepté l’empire, adhère à la Restauration puis à la monarchie de Juillet. La grosse bourgade s’adonne à ce qu’elle a toujours su : cultiver la vigne qui va progresser de plus en plus.

On se modernise, le télégraphe est installé en 1865, une ligne régulière d’omnibus est créée entre Sauveterre et Gironde pour assurer la correspondance avec la ligne de chemin de fer Bordeaux-Narbonne.

En 1869, le cimetière situé près de l’église, est transporté à sa place actuelle. La guerre de 1870 semble avoir eu peu d’impact en Sauveterrois. Les écoles vont se moderniser et s’agrandir en 1872 et 1874.

Aux élections de 1875, la stabilité des élus est la règle. La ligne de chemin de fer Bordeaux-La sauve est prolongée jusqu’à Sauveterre (1880) puis jusqu’à Eymet.

La flèche de l’église en partie détruite en 1887, diverses constructions vont s’y substituer, dont un délirant faisceau de béton armé vers 1930 qui aura fait pendant cinquante ans la désolation des amateurs de vieilles pierres. Le 14 mars 1890, Sauveterre en Bazadais, puis Sauveterre de Guiene devient officiellement « Sauveterre de Guyenne » sous la plume de Félix Faure.

La grande guerre

Pendant la guerre 1914-1918, l’école des filles servira d’hôpital militaire. Tous les hommes valides de la commune seront mobilisés. Quatre années de deuils et de restrictions laisseront une trace ineffaçable. Sauveterre aura payé un lourd tribut : vingt morts. Et la vie reprend ses droits, des manifestations sportives nombreuses, auto ou vélo, marquent cette période d’entre deux guerres.

Ligne De Demarcation Sauveterre De GuyenneLa deuxième guerre mondiale

En septembre 1939, avec la déclaration de la guerre arrivent de nombreux réfugiés.

Plusieurs de ces familles demeureront sur place et y feront souche. En juin 1940, le gouvernement belge se réfugié à Sauveterre-de-guyenne pendant quelques jours.

Après l’armistice de juin 1940, Sauveterre devient la ville frontière. La ligne de démarcation entre zone libre et zone occupée sépare la bastide des villes voisines de Puch, Saint-Léger et Saint-Romain.

Franchissement clandestins de la ligne de démarcation, bombardements et combats entre maquisards et Allemands marqueront ces sombres années et la Libération n’échappera pas aux règlements de comptes.

© Marcel GARDAIS

De nos jours

L’année 1965 constitue une étape fondatrice, avec la fusion des quatre anciennes communes de Puch, Saint-Léger, Saint-Romain et Sauveterre-de-Guyenne, qui donne naissance à une entité unifiée de 3 174 hectares.

C’est aussi la création du Syndicat d’Initiative et de la piscine municipale.

En 1966, un collège d’enseignement général ouvre ses portes avec une cantine, puis devient collège d’enseignement secondaire en 1969. En 1972, la première Fête du Vin voit le jour et connaît immédiatement un grand succès, inscrivant ce rendez-vous festif au cœur de l’identité locale.

Le premier jumelage international est scellé en 1973 avec Sottrum (Allemagne), acte fort d’amitié et de réconciliation européenne, qui donnera lieu à une coopération culturelle et humaine toujours vivante aujourd’hui.

En 1975, le terrain de football est achevé. Il sera suivi par la création de courts de tennis, d’une salle omnisports et d’un terrain de camping, répondant à une volonté affirmée de développer les loisirs et la convivialité.

En 1986, Sauveterre officialise un deuxième jumelage avec Saulnes, dans l’Est de la France, en mémoire des liens tissés avec les familles réfugiées dans le Sauveterrois lors de l’exode de 1940.

Puis, en 1988, un troisième jumelage est signé avec Olite, en Navarre (Espagne), ville sœur qui partage avec Sauveterre un patrimoine médiéval riche, une culture viticole forte et une passion pour les traditions festives.

L’année 1989 voit l’inauguration des nouveaux locaux du Syndicat d’Initiative — devenu depuis l’Office de Tourisme — qui héberge une bibliothèque municipale, un mini-musée du vin et des expositions variées tout au long de l’année.

En 1990, le Caveau des Vins est créé, véritable vitrine de la production viticole locale.

Mais l’ouverture au monde se poursuit au fil des décennies :
En 2016, un quatrième jumelage est engagé avec la commune de Hadchit, au Liban. Ce partenariat, fondé sur des échanges solidaires et interculturels, témoigne d’une volonté d’ouverture au-delà des frontières européennes.

Enfin, en 2025, Sauveterre-de-Guyenne signe son cinquième jumelage, cette fois avec la commune polonaise de Lubasz. Ce nouvel engagement est l’aboutissement d’une relation née grâce aux liens existants entre Sottrum et Lubasz, et vient élargir le cercle des amitiés européennes de notre Bastide.

Ces jumelages successifs, noués aux quatre coins de l’Europe et jusqu’au Proche-Orient, illustrent la vocation profondément humaniste et accueillante de Sauveterre-de-Guyenne. Ils traduisent un désir constant de dialogue, de coopération et de fraternité entre les peuples, en lien étroit avec l’identité même de notre territoire.

Quelle évolution, en effet, depuis les premiers hommes qui tentaient de survivre sur ces terres ! Qui pourrait compter le nombre d’efforts, de peines, mais aussi de réussites et de joies qui ont façonné la Sauveterre d’aujourd’hui ?

Et pourtant, l’histoire n’est pas achevée : beaucoup de projets restent à construire pour renforcer encore la qualité de vie dans le Sauveterrois et continuer à faire rayonner notre commune au-delà de ses frontières.

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