La République, notre bien commun
[Dernière modification le 19 octobre 2026 @ 9 h 18 min]
Les violences et les dégradations survenues ce week-end dans plusieurs villes de France, notamment celles visant des mairies et des bâtiments publics, suscitent une profonde émotion et appellent une condamnation sans réserve.
Une mairie n’est pas un bâtiment comme les autres. C’est la maison commune, celle de toutes et de tous.
C’est le lieu où l’on déclare une naissance, où l’on célèbre un mariage, où l’on accompagne les familles dans les moments heureux comme dans les épreuves. C’est aussi le lieu où l’on accueille, où l’on écoute, où l’on construit des projets et où se prennent les décisions qui façonnent l’avenir de nos communes.
Une mairie, c’est un peu de la vie de chacun d’entre nous. Et c’est la solidarité et la protection organisées lorsque des aléas de la vie interviennent, particulièrement pour les plus fragiles. C’est la République dans ce qu’elle a de plus concret, de plus proche et de plus humain.
S’en prendre à une mairie, c’est donc porter atteinte à bien plus que des murs : c’est toucher à un symbole vivant de notre République et de notre démocratie de proximité.
Le droit de manifester, de contester et d’exprimer des désaccords est une liberté fondamentale. Les inquiétudes et les difficultés que traverse notre société doivent pouvoir s’exprimer et être entendues. Aucune colère, aucune revendication ne saurait cependant justifier les violences, les intimidations ou les destructions.
Il est tout aussi essentiel de refuser les amalgames. Les actes de violence et de dégradation ne sauraient être confondus avec les mobilisations de celles et ceux qui manifestent pacifiquement pour faire entendre leurs revendications. Ces images désastreuses, qu’aucun manifestant attaché à une expression pacifique de ses convictions ne souhaite voir, ne doivent pas conduire à discréditer l’ensemble d’un mouvement ni à détourner le regard des raisons profondes qui le traversent.
Car derrière ces mobilisations, il y a aussi des jeunes qui s’inquiètent pour leur avenir, des salariés qui peinent à faire face à la vie chère, des familles confrontées à la baisse de leur pouvoir d’achat, des citoyens qui expriment des difficultés bien réelles et aspirent à davantage de justice sociale. Il serait profondément regrettable que ces revendications, qui méritent d’être entendues et débattues, disparaissent du débat public derrière les seules images de casse et de violences. Condamner sans ambiguïté les dégradations ne doit jamais empêcher d’écouter et de comprendre les colères et les inquiétudes qui s’expriment pacifiquement.
La commune de Sauveterre-de-Guyenne, par l’intermédiaire de son Maire Christophe Miqueu, tient à exprimer sa profonde solidarité avec les habitants, les élus et l’ensemble des agents territoriaux des communes touchées, tout particulièrement ceux de notre région à Limoges et Bordeaux.
Elle souhaite également saluer l’engagement des sapeurs-pompiers, des forces de sécurité et de tous les agents publics qui, souvent dans l’urgence, protègent, secourent, nettoient, réparent et permettent à la vie quotidienne de reprendre son cours.
Ces événements nous rappellent combien le service public local est essentiel et combien celles et ceux qui le font vivre chaque jour, avec dévouement et dans le souci constant de l’intérêt général, méritent notre reconnaissance et notre respect.
À Sauveterre-de-Guyenne comme partout en France, la République se construit et se fait vivre au quotidien : dans l’écoute, le dialogue, le respect des différences, la solidarité et l’engagement au service de l’intérêt général.
Dans une société traversée par les tensions et les divisions, notre responsabilité collective est plus que jamais de préserver ce qui nous unit.
Parce que la République est notre bien commun, il appartient à chacune et chacun d’en prendre soin.
@Patrick Granger